Coqueluche
Bactéries:
- Bordetella pertussis (86 à 95% des cas)
- Bordetella para-pertussis (2 à 3% des cas, moins graves et de durée moins longue)
Il n'y a pas de traitement mais ça se soigne et ça guérit: ça se soigne car on donne des antibiotiques, il n'y a pas de traitement car ils n'ont aucun effet sur l'évolution, ça guérit car ça évolue spontanément vers la guérison.
UPDATE 2026: Le JAMA aborde la coqueluche..
- L'incubation est de 7-10 jours, suivie d'une
- phase catarrhale de 1-2 semaines avec une rhinorrhée, une toux modérée et parfois une fièvre modérée.
- Puis survient la toux quinteuse caractéristique pendant 2-3 mois. La toux peut être responsable d'incontinence urinaire, de fractures, de syncopes, et
- la coqueluche peut se compliquer de pneumonies chez 5-10% des plus de 30 ans.
- Les symptômes s'atténuent ensuite pendant la phase de convalescence. Les symptômes peuvent être limités à 2 semaines de toux avec la vaccination.
- Le diagnostic clinique basé sur la toux et l'inspiration bruyante a un rapport de vraisemblance d'environ 2.
- Le diagnostic biologique peut être fait par culture nasopharyngée jusqu'à 2 semaines et la PCR jusqu'à 4 semaines.
- Le traitement repose sur l'azithromycine (500mg à J1 puis 250mg pendant 4 jours) ou la clarithromycine 500mg x2 pendant 7 jours).
- La contagiosité est jusqu'à la fin du traitement ou 21jours après le début des symptômes en l'absence d'antibiotiques.
- Un traitement prophylactique post-exposition est proposé pour les contacts au domicile, et l'entourage si asthme, BPCO, enfants, grossesse ou immunodépression, indépendamment du statut vaccinal.
- Le vaccin est efficace dans l'année jusqu'à 75% puis cette efficacité diminue à 35% entre 2 et 4 ans après (pas génial quoi...)
Clinique
Les principaux signes cliniques de la coqueluche incluent :
- Phase catarrhale (1 à 2 semaines) :
- Symptômes similaires à un rhume : nez qui coule, éternuements, légère fièvre, et toux légère.
- Cette phase est souvent non spécifique et peut être difficile à distinguer d’autres infections respiratoires.
- Phase paroxystique (1 à 6 semaines, parfois plus) :
- Toux paroxystique : épisodes de toux violente et répétée suivis d’une inspiration bruyante caractéristique (chant du coq).
- Vomissements après la toux.
- Fatigue intense après les épisodes de toux.
- Cyanose (coloration bleutée de la peau) peut survenir en raison du manque d’oxygène pendant les quintes de toux.
- Phase de convalescence (semaines à mois) :
- Diminution progressive de la fréquence et de la sévérité des quintes de toux.
- La toux peut persister pendant plusieurs semaines, mais devient moins sévère.
Contagiosité
la contagiosité est maximale au moment de la phase catarrhale (période d’inva-sion), elle diminue à la phase quinteuse/paroxystique et peut se prolonger jusqu’à 3 semaines après le début de la période catarrhale en l’absence de traitement antibiotique.
Risques
- moins de 3 mois est une pathologie grave justifiant une hospitalisation systématique
- Les nourrissons âgés de moins de 6 mois
- ainsi que les personnes fragiles (femmes enceintes, per-sonnes immunodéprimées, sujets âgés)
non vaccinés sont à risque de maladie grave.
Ces quintes de toux sont épuisantes et peuvent, chez les tout-petits, provoquer une apnée sévère et une détresse respiratoire, un risque qui ne prévient pas. La prise en charge repose sur ce suivi très vigilant, qui impose deux à trois semaines d’hospitalisation en moyenne. En cas de quinte sévère et d’apnée prolongée, le nourrisson peut nécessiter une oxygénothérapie ou une ventilation au ballon
les personnes ayant une maladie respiratoire chronique ou une immunodépression ou une obésité ainsi que celles âgées de 80 ans et plus, peuvent également faire des formes graves.
Demander
PCR (Polymerase Chain Reaction) coqueluche en temps réel est une technique très sen-sible, rapide, utilisable en routine qui permet de détecter l’agent pathogène jusqu’à 3 semaine après le début de la toux (la sensibilité décroit avec la durée de la toux). La PCR coqueluche à visée diagnostique peut être réalisée chez un membre de l’entourage (cas secondaire) qui commence à tousser plutôt que chez le cas index s’il tousse depuis plus de 3 semaines.
La sérologie coqueluche n’a plus sa place dans la stratégie diagnostique de la coqueluche en pratique courante et n’est plus recommandée ni remboursée.
CAT coqueluche suspectée ou confirmée
Antibiotique
Le traitement antibiotique est à administrer dès que possible et dans les 3 premières semaines d’évolution
- L’antibiothérapie est recommandée pour réduire le portage et la contagiosité
- L’antibiothérapie ** n’a pas d’effet sur l’évolution de la maladie** d’autant plus que le diagnostic est tardif
- marche par contre en prophylaxie ?
Macrolides:
- En 1ère intention: Clarithromycine
- En 2ème intention: Azithromycine (“l’azithromycine fait partie des antibiotiques « critiques » à fort impact écologique”)

Source: Coqueluche-DGSAout2024
Eviction scolaire
‒ Tant que le diagnostic n’aura pas été infirmé
‒ Si le diagnostic est confirmé : Pas de scolarisation avant 3 ou 5 jours de traitement antibiotique adapté (3 jours si azithromycine)
En absence de traitement antibiotique: Eviction jusqu’à 3 semaines après le début de la toux.
Antibioprophylaxie des cas contacts en cas de coqueluche confirmée. Le traitement prophylactique est à débuter le plus tôt possible et maximum 21 jours après le dernier contact avec le cas index ; Le traitement pour l’antibioprophylaxie est le même que pour le traitement curatif durees_antibiotherapie_HAS2024
Curieusement Coqueluche-DGSAout2024 se pose bcp plus de question sur le sujet:
- Aux sujets à haut risque de forme grave et aux personnes en contact avec eux
- Aux sujets à risque de forme grave
- À des situations particulières de clusters
Le délai après le dernier contact est réduit à 14 jours.

Stratégie de vaccination
vaccin dTcaP (BOOSTRIXTETRA ou REPEVAX)
2024 en France, bien que la vaccination de la femme enceinte soit recommandée depuis avril 2022, elle est loin de rencontrer une adhésion massive. Seulement 16 % des femmes enceintes suivies par un médecin généraliste et 18 % de celles qui le sont par un gynécologue libéral auraient été vaccinées entre juin 2023 et mai 2024.
Cf. Coqueluche-DGSAout2024
Cf. https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Coqueluche
La vaccination a un triple intérêt :
- elle permet d’éviter d’attraper cette maladie très contagieuse ;
- elle permet aux femmes enceintes vaccinées pendant la grossesse de transmettre des anticorps à leur nourrisson. Il sera alors protégé en attendant d’être protégé par sa propre vaccination ;
- elle permet à l’entourage des nouveau-nés de diminuer le risque de transmission de la coqueluche aux nourrissons de moins de 6 mois, quand leurs mères n'ont pas été vaccinées pendant la grossesse. Cette stratégie de protection indirecte des petits nourrissons par la vaccination de leurs proches s’appelle le cocooning.
Sources